Rencontre avec Bahiyyih Nakhjavani et Martine Caillard

eux-et-nousNous avons le plaisir d’organiser, en partenariat avec ACTES SUD et L’HARMATTAN, une rencontre sur le thème de l’IRAN
le mardi 18 octobre à 19h
au foyer de l’église protestante Saint-Matthieu
97 Boulevard d’Anvers, 67000 Strasbourg

Nous recevrons Bahiyyih Nakhjavani qui vient de publier « EUX ET NOUS » chez ACTES SUD et Martine Caillard qui nous présentera les « POÈMES DE PRISON » de Mahvash Sabet publiés par l’HARMATTAN.

EUX ET NOUS, de Bahiyyih Nakjavani

Quand Bibijan, bientôt octogénaire, se résout enfin, sous la pression de ses deux filles, à quitter Téhéran, elle a pour destination Los Angeles, siège d’une vaste communauté iranienne en exil, où son aînée, Goli, a fondé une effrayante famille qui se veut plus américaine que nature. Mais la vieille dame n’est pas davantage attirée par Paris, où vit sa cadette, Lili, artiste conceptuelle bohème, dont sa mère a découvert non sans répulsion l’appartement incommode sous les toits d’une décevante Ville Lumière. Armée de la précieuse “carte verte” dont chacun ne cesse en vain de lui vanter les vertus, Bibijan, qui ne vit plus, de fait, que pour connaître le sort de son fils, Ali, mystérieusement disparu dans les montagnes kurdes, navigue, ballottée entre ses filles qui se disputent son destin, dans les décors d’un Occident dont l’a d’emblée révulsée le matérialisme éhonté qui semble avoir gravement contaminé l’exil de ses compatriotes.

À travers le destin d’une famille incarnant une communauté aux mille visages qui transcende les frontières, Bahiyyih Nakhjavani dresse, sous les dehors d’une satire jubilatoire, l’attachant portrait, toutes générations confondues, d’un peuple qui, déchiré par la succession des tyrannies anciennes et nouvelles, et désormais seulement relié par l’usage de la langue ancestrale partagée, ne cesse d’osciller entre nostalgie et déni, offrant ainsi, sur l’histoire d’une nation régulièrement placée sous les feux de l’actualité la plus névralgique, un éclairage aussi inédit que subversif.

poemes-de-prisonPOÈMES DE PRISON, de Mahvash Sabet, adaptés par Martine Caillard

C’est sur du papier hygiénique, des serviettes en papier qu’elle écrit ses poèmes, incarcérée dans les plus dures prisons d’Iran.
Son seul crime est d’avoir une foi qui prône l’égalité des femmes et des hommes, le droit à l’éducation, à l’accord entre la science et la religion, à la recherche indépendante de la vérité.
Mahvash Sabet fut arrêtée en 2008, et finalement accusée et condamnée en 2010, avec six de ses compagnons, à vingt ans d’emprisonnement pour le seul motif d’être baha’ie.
Ses poèmes ne sont pas pour autant lugubres ou désespérés, mais bien le reflet d’une force de vie, d’une fraîcheur qui contraste avec le monde nauséabond dans lequel elle vit.
Elle écrit ses poèmes pour tenir debout, une façon de parfumer son pain quotidien au goût de camphre, pour s’exprimer quand il faut se taire, parler quand personne ne l’écoute.
Adaptés du persan par Bahiyyih Nakhjavani et traduits de l’anglais par Mary et François Petit avec l’aide de Martine Caillard, ces poèmes témoignent du courage et du désespoir, de la misère et des espoirs de milliers d’Iraniens luttant pour survivre aux conditions d’extrême oppression.

Pour une bonne organisation de la soirée, merci de confirmer votre présence.